Morelle noire

Morelle noire

Précautions

Comme beaucoup de Solanacées (telles que les plantes comestibles pommes de terre, les tomates ou les aubergines, ou encore Datura stramonium, Atropa belladonna, Solanum nigrum, etc.), la morelle noire contient des glycoalcaloïdes toxiques, dont la solanine (généralement accompagnés de saponosides). Une plante est jugée non-comestible si sa teneur moyenne en glycoalcaloïdes dépasse 20 à 25 mg/100 g.

Ces substances toxiques sont présentes dans :
les feuilles ; les consommer en grandes quantités et sur de longues périodes peut se révéler nocif ;
les baies vertes ; comme le feuillage, elles auraient déjà empoisonné du bétail.

Cette toxicité disparaît dans les fruits mûrs, à la différence de ceux de la morelle douce-amère et morelle de Linné ou d'autres plantes de la même famille, comme la belladone, dont l'ingestion provoque des troubles digestifs, nerveux, respiratoires et cardiaques, parfois mortels.

Bon à savoir
Elle est parfois utilisée en compagnonnage car elle attire les doryphores qui la préfèrent aux pommes de terre.

En 1998, les méthodes de cuisson couramment utilisées pour les pommes de terre (Solanum tuberosum) ont montré que la cuisson faisait varier la teneur en solanine. Les cuissons par ébullition, par friture ou par micro-ondes ont un effet variable sur les glycoalcaloïdes. Faire bouillir les pommes de terre réduit la teneur en α-chaconine et α-solanine de 1,2 % à 3,5 % tandis que la diminution via micro-onde est de 15 %. La friture à 150 °C n’apporte pas de changement mesurable. Un changement significatif débute à 170 °C et à partir de 10 minutes à une température de 210 °C il est possible de noter une baisse de 40 %.

Propriétés

Son utilisation médicinale date au moins de la Grèce antique. « Au quatorzième siècle, nous entendons parler de la plante sous le nom de Petite Morelle utilisée pour l'ulcère et en mélange avec du Marrube blanc et du vin pour l'hydropisie ».

C'était une médecine européenne traditionnelle utilisée comme fort sudatoire, analgésique et sédatif avec des propriétés narcotiques puissantes, mais a été considérée comme « un remède quelque peu dangereux ». La phytothérapie occidentale l'a globalement abandonnée en raison de sa chimie variable et sa toxicité, mais elle est encore utilisée contre l’herpès.

Antispasmodique, analgésique, narcotique, sédatif.

Employé dans les dyspepsies douloureuses (douleurs gas­triques et intestinales), les spasmes vésicaux, les dou­leurs hémorroïdales.
En usage externe dans les affections cutanées : prurits , eczémas suintants, prurit anal et vulvaîre, plaies et ul­cères douloureux, abcès, dartres, furoncles, panaris, en­flures des rhumatismes articulaires.
Autrefois on l’utilisait contre la lèpre (Valette).
En homéopathie: méningites, convulsions, excitation cérébrale, vertiges, terreurs nocturnes (Meira Penna).

Composition

Solanine, gluco-alcaloïde (isolé en 1821 par Desfosses) qui se scinde par hydrolyse en glucose, galactose, rham- nose et solanidine.
Rutine, saponine, asparagine, phytostérol ; acides pal- mitique, stéarique, linolénique.
Les fruits sont assez riches en vitamine C.